Le poids des crises économique et institutionnelle

La Chambre bleu horizon 1919 – 1924
Les élections législatives de novembre 1919 consacrent le Bloc national, composé des partis de la droite conservatrice et de la droite radicale. C’est la « Chambre bleu horizon ».
« L’Allemagne paiera », la peur du bolchevisme, sont les thèmes forts du programme politique.
Cette législature est celle de l’indemnisation des victimes de guerre et du lancement de la reconstruction du pays. Mais comme l’Allemagne ne paie pas les réparations de guerre auxquelles elle est contrainte, la crise budgétaire et financière s’installe. Le gouvernement décide d’augmenter  les impôts. Sous l’impulsion de la Grande-Bretagne, le président du conseil, Aristide Briand, tente de renégocier les réparations de guerre avec les Allemands. Il est désavoué par le parlement. Raymond Poincaré lui succède et décide de faire occuper la Ruhr en 1923 pour que la France se dédommage directement. La France est désavouée par la Grande-Bretagne et les Etats Unis qui organisent une riposte financière sur la monnaie française. En 1925 la France devra se retirer et accepter le plan Dawes qui diminue et rééchelonne le paiement des dommages de guerre par l’Allemagne.

Le Cartel des Gauches 1924 – 1928
Il s’agit d’une coalition du parti radical, radical socialiste, républicain-sociaux et de la S.F.I.O. Edouard Herriot en est la principale figure. Le Cartel des gauches adopte une position conciliatrice en acceptant le plan Dawes qui réévalue à la baisse les réparations que l'Allemagne devait à la France. La Ruhr est évacuée. La France reconnait l’Urss en 1924.
Sur le plan intérieur, le président de la république, Alexandre Millerand, est contraint à la démission, accusé d’être sorti de son impartialité en soutenant trop la politique du Bloc national.
La crise financière n’arrive pas à être réglée conduisant à la chute du Cartel. Edouard Herriot est remplacé par Raymond Poincaré. Le gouvernement est alors une coalition républicaine à laquelle les socialistes ne participent pas.

Coalition de droite 1928 – 1932
L’homme fort de cette coalition jusqu’en 1929 est Raymond Poincaré.
La dette de guerre, la reconstruction, les réparations de guerre non payées par l’Allemagne ont malmené l’économie et la monnaie. Sa principale action est la dévaluation et la stabilisation du franc. Les radicaux qui soutenaient Poincaré décident de s’axer plus à gauche et quittent le gouvernement. Jusqu’à la fin de la législature les gouvernements qui se succèdent sont plus orientés à droite. Ils durent affronter la crise issue du krach boursier de 1929 qui gagnait de plus en plus en France.

Second Cartel des Gauches 1932 – 1936
Le Cartel remporte les élections législatives par le jeu des alliances. Il est accaparé par la politique extérieure alors que la crise économique s’amplifie. Edouard Herriot redevenu président du conseil n’arrive pas à négocier avec les Etats-Unis l’ajournement de la dette de guerre de la France. Il est remplacé. Cette période est aussi celle d’une crise politique et morale avec la montée en puissance des ligues et de l’anti parlementarisme. Le président Doumergue souhaitait organiser une révision constitutionnelle pour renforcer l’exécutif, refus net du parlement.
Les gouvernements se succèdent et n’apportent pas de réponses institutionnelles ou économiques. La France n’est pas insensible à la montée en puissance en Europe des gouvernements forts et du communisme. Les partis de gauche constituent un front populaire pour gouverner.

Le Front populaire 1936 – 1939
L’accord de désistement aux élections conduit à la victoire du Front populaire. Le parti socialiste devient la principale formation politique ; le parti communiste ne participe pas au gouvernement. Après une succession de grèves, des accords sociaux importants sont conclus. La crise économique et financière ne peut toujours pas être atténuée. Léon Blum est contraint à la démission en raison de mesures d’adaptation pour faire face à la crise mais aussi à cause de la guerre civile en Espagne. En refusant d’intervenir, Léon Blum perd le soutien de son camp et de l’opinion. Les radicaux jouent une nouvelle fois les arbitres. Ils sont appelés a former les gouvernements. La crise en Europe accapare l’exécutif au détriment de la situation intérieure. Passé les accords de Munich de septembre 1938, Edouard Daladier, président du conseil engage une politique ferme et assez autoritaire pour remettre la France au travail. Ceci a pour effet d’engager le redressement de la France qui abordait sous un meilleur jour les années 1939 et 1940.

 Pour aller plus loin : les réparations de guerre