Le traité de Versailles doit représenter une garantie contre une nouvelle attaque de l’Allemagne et surtout une garantie pour la nouvelle Europe qui se met en place.
Premier désenchantement, les Etats-Unis ne le ratifie pas. Peu à peu la Grande-Bretagne prend ses distances avec la France trop intransigeante pour son application. L’Allemagne ne paie pas les dommages de guerre. En réaction la France occupe la Ruhr en 1923 pour se dédommager. Elle est désavouée par ses anciens alliés anglo-saxons. Elle doit se retirer. Elle est contrainte d’accepter les plans internationaux mis au point pour réduire le montant des dommages de guerre que devait verser l’Allemagne. Les anglo-saxons sont plus favorables à une relance de l’économie de l’Allemagne pour qu’elle puisse regagner le concert des nations et sortir de la crise qu’à des revendications territoriales et au paiement d’importantes indemnités.

Tout en essayant de défendre l’application stricte du traité de Versailles, la France s’implique dans des démarches de paix. Aristide Briand en est le grand ordonnateur.
La France soutient les nouveaux pays : Pologne, Tchécoslovaquie, Roumanie, Yougoslavie. Elle garantit le rapprochement des trois derniers dans la Petite Entente.
En 1921, la France signe une alliance avec la Pologne qui prévoit une aide au cas où un des signataires serait attaqué. Complétée en 1925 et 1939, les deux pays s’engagent à une aide militaire à l’autre en cas de guerre avec l’Allemagne.
En 1924 la France signe un traité d’alliance et d’amitié avec la Tchécoslovaquie. Il ne contient pas de clause militaire. Une consultation des deux parties est prévue en cas de menace.
Elle veut avant tout prévenir les éventuelles velléités militaires de l’Allemagne en cherchant des alliés en Europe centrale permettant d’avoir un second front en cas de conflit. La Russie devenue l’Urss n’est plus fiable. Mais après sa reconnaissance par la France en 1924, un traité sera signé avec elle. Bien que bailleuse de fonds des nouveaux états, les échanges commerciaux de la France avec eux, ne seront jamais prépondérants. La progression de la crise économique au début des années trente va fragiliser la France, car elle aura de moins en moins les moyens de ses ambitions au fur et à mesure de la montée en puissance de l’Allemagne. La France sera de plus en plus isolée. Face à cette situation et de peur d’être à nouveau en conflit avec l’Allemagne, elle décide à partir de 1929 de fortifier sa frontière. Ce sera la ligne Maginot.

Elle sera encore seule en 1936 lors de la remilitarisation de la Rhénanie par l’Allemagne en violation complète du traité de Versailles. L’Italie mécontente des compensations territoriales de l’après-guerre a des vues sur la Yougoslavie, l’Albanie et en Afrique. Elle est en concurrence avec la France dans les Balkans. La Belgique après l’affaire de la Rhénanie, déclare sa neutralité et s’oppose ainsi à l’entrée de troupes étrangères sur son territoire.. Les accords de Munich des 29 et 30 septembre 1938 discréditent la France. Neville Chamberlain, le premier ministre britannique, fait cavalier seul en rencontrant Hitler en tête à tête pour lui proposer un accord de paix entre les deux pays. Un document est signé. L’image de Chamberlain brandissant une feuille en rentrant à Londres fera le tour du monde. Pour Hitler ce ne sera qu’un bout de papier. L’Urss en craignant les conséquences de cet accord se rapproche de l’Allemagne et signera avec elle un pacte de non-agression alors qu’elle était en discussion avec la Grande-Bretagne et la France. Un autre allié est perdu. L’annexion de la Tchécoslovaquie à partir du 15 mars 1939 après celle de l’Autriche, un an auparavant, fait prendre de plus en plus conscience des menaces de guerre en Europe.
Le 21 mars 1939 Hitler exige de la Pologne la restitution du couloir de Dantzig. Refus. Le 31 mars la Grande-Bretagne puis la France garantissent les frontières de la Pologne. Lorsque le 1er septembre 1939 l’Allemagne déclenche l’invasion de la Pologne, la Grande-Bretagne et la France lancent des ultimatums à l’Allemagne qui restent sans suite. Au nom de la parole donnée et des accords passés la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne le 3 septembre à 11h00, la France à 17h00.

Pour aller plus loin : Comment la France redevient une alliée de la Grande-Bretagne